TO BE OR NOT TO BE SOPK ?

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Plusieurs fois par semaine, sur le blog ou la page FB de Mam Gynéco, l’une d’entre vous s’inquiète de l’éventualité – ou de l’évocation – d’un diagnostic de syndrome des ovaires polykystiques, le fameux SOPK ! Comme les situations se recoupent très souvent, je vais vous en donner un florilège et chacune y retrouvera les siens !

 

Commençons par les vrais SOPK pour lesquels j’ai en fait peu de questions, car le diagnostic est souvent clair.

Il associe :

  • une spanioménorrhée, c’est-à-dire des cycles longs et irréguliers : les règles sont espacées de plusieurs semaines ou mois, et ce depuis toujours.
  • de l’acné
  • une hyperpilosité avec répartition masculine (visage, thorax, pubis)
  • une obésité
  • parfois déjà un pré-diabète ou une hypertension
  • des anomalies biologiques hormonales : augmentation de la LH et de la testostérone

Ce tableau est assez caricatural même s’il y a des cas où tous les critères ne sont pas tous réunis mais retenez : spanioménorhée + acné et pilosité + anomalies hormonales + surpoids = SOPK

Ce qu’il faut expliquer et dédramatiser ce sont les cas SOPK à minima voire les faux SOPK !

Je vais vous donner les exemples les plus fréquents :

« J’ai 22 ans, depuis que j’ai arrêté la pilule j’ai des cycles irréguliers, l’acné a repris  de plus belle et la pousse des poils aussi. Je ne suis pas en surpoids, ma prise de sang est normale, à l’échographie le gynécologue m’a dit que j’avais des ovaires micropolykystiques »

L’autre version du même tableau est : « J’ai arrêté la pilule depuis 4 ou 6 mois voire un peu plus, et je n’ai toujours pas mes règles, mais l’acné est revenue et le gynécologue à vu des microkystes sur les ovaires »

« J’ai 20 ans, de l’acné, des cycles à peu près réguliers, pas de surpoids, mais à l’écho on a vu des kystes sur les ovaires »

Dans ces trois tableaux, on ne peut pas parler de vrai SOPK (même s’il y a toujours des exceptions) parce que :

  •  vous êtes jeune, et si avant de prendre la pilule vous aviez des cycles à peu près réguliers (4 à 6 semaines) vous avez toute chance que cela rentre dans l’ordre tout seul
  • vous n’avez pas de surpoids
  • l’acné ne s’arrête pas avec l’adolescence, certaines femmes en ont encore à 40 ans ! Sa présence ne signe pas le SOPK et si les cycles sont réguliers, l’acné n’a rien à voir avec un SOPK
  • il n’y a pas d’anomalie hormonale dans la prise de sang
  • sur des ovaires jeunes, il est habituel de voir  des follicules qui ressemblent à des microkystes.

Donc si vous vous reconnaissez dans une de ces descriptions, vous avez des microkystes sur les ovaires,  mais ce ne sont pas pour autant des ovaires polykystiques ! La nuance est subtile mais elle est essentielle et cela devrait déjà rassurer bon nombre d’entre vous !

Il vous faut juste de la patience et cela s’arrangera avec le temps. Quant aux chances de grossesse, elles dépendent de la longueur des cycles et dès que vos règles reviendront  tous les mois, votre fertilité sera la même que celle des femmes de votre âge.

Et puis, il y a tous les cas intermédiaires :

Poids normal mais LH et testostérone élevées, spanioménorrhée plus acné mais bilan normal, cycles réguliers et aspect polykystique des ovaires…  qu’il faut discuter avec votre gynécologue.

Faut-il se traiter ?

Si vous avez besoin d’une contraception, vous avez tout intérêt à choisir la pilule qui régularisera les cycles, mettra vos ovaires au repos et agira sur l’acné (il suffit de choisir le bon climat de pilule).

Si vous avez arrêté la pilule et que les règles ne viennent pas au bout de 6 mois, vous pouvez consulter : si vous avez besoin d’une contraception, retour case-pilule,  et si souhaitez une grossesse, faites le point avec votre gynécologue.

Quid de l’Androcur ?

Comme le SOPK (plus ou moins prononcé) s’accompagne souvent de signes d’hyperandrogénie (acné et pilosité), il peut arriver qu’on prescrive de l’Androcur. Ce n’est pas un drame, c’est redoutablement efficace sur l’acné et la pilosité. Mais il est vrai que ce progestatif augmente le risque de méningiome qui sont des tumeurs bénignes du cerveau, mais dont on se passerait bien !  Ce risque augmente avec la dose et la durée du traitement. Si c’est votre cas, inutile de demander un RDV en urgence à votre gynécologue, mais rediscutez de la balance bénéfice/risque et cherchez une alternative à l’occasion de votre prochaine visite !

FLASH INFO !

IMG_5807Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas fendue d’un article original ! Mais voilà du nouveau en contraception que je tiens à partager avec vous. Il s’agit d’un petit nouveau dans la famille des stérilets à la progestérone, et il s’appelle KYLEENA !

Rappel pour celles auraient oublié comment fonctionne un stérilet à la progestérone.

PRIMO : c’est une contraception LOCALE, autrement dit elle ne bloque pas votre cycle même si les règles sont modifiées. Vous vous sentez comme quand vous ne prenez rien, avec juste des règles plus sympas !

SECUNDO : il agit à deux niveaux, à savoir la glaire du col qu’il coagule pour faire barrière aux spermatozoïdes, et l’endomètre (le tissu qui tapisse l’utérus) qu’il rend inapte à la nidation d’une grossesse. Du coup, double verrou avec efficacité bé-ton ! Trois fois plus qu’un stérilet au cuivre !

TERTIO : on peut le poser à toutes les femmes, même celles qui n’ont pas eu de grossesse

Et il a quoi de plus ce Kyleena ?

Situons-le d’abord dans la famille des DIU au lévonorgestrel (nom officiel)

Il y avait d’abord MIRENA, assez fortement dosé en progestérone, il permettait le plus souvent aux femmes de ne pas avoir de règles du tout, mais certaines ont développé de l’acné ou des kystes fonctionnels de l’ovaire. Malgré la polémique dont il a fait l’objet, je peux vous dire que je n’ai quasiment jamais retiré ce stérilet pour un autre motif qu’un désir de grossesse ou la ménopause ! Comme pour toutes les contraceptions, si on prend le temps d’expliquer et de choisir en collaboration avec la première intéressée cela se passe en général fort bien.

Puis il y eut JAYDESS, qui a permis de proposer ce type de contraception aux nullipares (celles qui n’ont pas accouché) car Mirena, un peu trop gros,  n’aurait pas bien passé leur col. Mais du coup, l’efficacité de Jaydess est réduite à t3 ans au lieu de 5 ans de son grand frère Mirena.

Et maintenant il y a KYLEENA, moins dosé que Mirena, aussi efficace avec moins d’effets secondaires, petit comme un Jaydess et efficace 5 ans. Que veut le peuple ?

À qui le proposer ?

  • celles qui veulent une contraception qui respecte leur cycle avec un minimum d’hormone. Le passage sanguin de progestérone est l’équivalent d’un seul comprimé de pilule que vous auriez sucé consciencieusement pendant un mois, et c’est bien pour cela que ça ne bloque pas l’ovulation !
  • celles qui ne veulent ou ne peuvent pas prendre la pilule
  • celles qui saignent la rage avec un stérilet au cuivre ou qui exigent un niveau de contraception supérieur au cuivre

Pour en  savoir un peu plus je vous renvoie à la vidéo que j’ai faite pour Doctissimo sur les stérilets. Et surtout, si cela vous tente, fuyez les forums et discutez avec votre gynécologue pour savoir si cela serait adapté pour VOUS !

PS : pour les suspicieuses, je n’ai d’autre intérêt que de vous apporter des infos et aucun lien avec le laboratoire qui fabrique ce stérilet !